Les écritures insulaires

Loin de moi l’idée de vous proposer un cours d’histoire sur ces écritures, j’en serais  bien incapable. Ceux qui le souhaitent pourront consulter  le livre de Marc Drogin, « Medieval Calligraphy – Its history and Techniques » (Editions Dover), qui aborde tous les aspects historiques et techniques de ces écritures (et d’autres) avec un grand nombre d’illustrations (modèles et exemples historiques).

Je souhaite seulement vous présenter quelques uns de mes essais qui vous donneront peut-être envie de les travailler.

Ces écritures sont nées en Irlande au VIème, dans la lignée des écritures latines (comme l’Onciale) et runiques de l’Europe du Nord, mais avec des caractéristiques propres bien visibles, apportées par les moines irlandais, soustraits par leur isolement à une trop forte influence européenne.

La majuscule insulaire

C’est la première des écritures insulaires. Elle apparaît dès le VIème siècle et sert à la rédaction des textes sacrés. Le plus bel exemple est le « Livre de Kells », considéré comme l’un des plus riches manuscrits enluminés de l’histoire occidentale.

C’est une écriture qui se réalise lentement, le tracé d’une simple hampe, asendante ou descendante se faisant en 3 temps. Elle présente les principales caractéristiques suivantes :

  • hauteur du corps de la lettre : 5 largeurs de plume ;
  • hauteur des ascendantes : 2.5 largeurs de plume ;
  • hauteur des descendantes : 2 largeurs de plume ;
  • angle du bec de plume avec l’horizontale : de 0 à 20°;
  • Interligne : de l’ordre de 3 fois la hauteur du corps de la lettre.


Les textes historiques se distinguent surtout par des ligatures (entre mots) originales et variées et des fioritures parfois excessives.

J’ai assez peu utilisé cette écriture.Voici quelques tentatives.

 
  

La minuscule insulaire

Elle n’accompagne pas la majuscule du même nom. Cette écriture est née du besoin de disposer d’une écriture plus rapide à éxécuter destinée à la rédaction de documents moins formels, de notes. Elle a été utilisée ensuite en Europe jusqu’au XI ème siècle mais a  perduré en Irlande et sert encore aujourd’hui pour les écrits en langue gaélique.

Cette écriture présente les principales caractéristiques suivantes :

  • hauteur du corps de la lettre : 5 à 6 largeurs de plume ;
  • hauteur des ascendantes : environ 2 largeurs de plume ;
  • hauteur des descendantes : plusieurs largeurs de plume ;
  • angle du bec de plume avec l’horizontale : de 45à 70°
  • Interligne : de l’ordre de 3 fois la hauteur du corps de la lettre.


Cette écriture a ceci en commum avec la majuscule qu’elle présente nombre de fioritures.
Pour préparer cette page, j’ai retravaillé cette écriture.
Voici quelques unes de mes gammes.

   
   

Les 2 exercices de gauche ont été réalisés avec une plume Brause de 2 mm : le premier avait pour but de reproduire au plus près l’écriture historique. Le second est une tentative de fioritures excessives (avec la même plume).
A droite, j’ai utilisé une plume plus petite (de 1 mm) :  en haut, c’est une tentative de « modernisation » de l’écriture. En bas, c’est encore l’écriture classique.

Pour finir, voici un patchwork d’exercices :

1 réflexion à propos de “ Les écritures insulaires ”

  1. Je découvre votre blog et j’aime beaucoup ce que vous faites. Une belle créativité et une excellente maîtrise des écritures. Bravo, les articles sont très intéressants. Je me suis abonnée à votre flux RSS.

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